LA DYSCHROMATOPSIE OU DALTONISME

Le Daltonisme est une anomalie de la vision des couleurs dont le nom scientifique est 

« Dyschromatopsie ».

Dyschromatopsie : Composé de dys- et chromatopsie, du grec : dus- (« mauvais »), et chroma (« couleur »), optie (« vision »)

Elle doit son nom à son découvreur, le chimiste anglais John Dalton qui souffrait lui-même de cette anomalie. Il publia en effet le tout premier article scientifique sur ce sujet en 1798, « Faits extraordinaires à propos de la vision des couleurs », à la suite de la prise de conscience de sa propre déficience à percevoir des couleurs.

 **Voir l'onglet "John Dalton" > "Son article sur..." :

Version originale et traduction de son article sur LES FAITS EXTRAORDINAIRES LIÉS A LA VISION DES COULEURS AVEC SES OBSERVATIONS, le 31 Octobre 1794

L'anomalie provient des cônes de la rétine oculaire, responsables de la perception des couleurs, ils sont en dysfonction. Habituellement, le daltonisme est classé comme une infirmité légère. Mais il existe aussi des situations où les daltoniens peuvent avoir un avantage sur les individus ayant une vision normale. Basées sur quelques études, il existe des conclusions affirmant que les daltoniens sont plus à même que ceux ayant une vision normale, à percer certains camouflages basés sur la couleur. Cela peut être une explication évolutive de la fréquence étonnamment haute de daltonisme rouge-­vert congénitale. Les symptômes du daltonisme peuvent être causés par des facteurs physiques ou chimiques de l'œil, du nerf optique ou du cerveau en général. Ces facteurs ne sont pas la véritable origine du daltonisme ; cependant, ils représentent les causes réelles du daltonisme. D'une manière similaire, un individu souffrant d'achromatopsie, bien qu'il soit incapable de distinguer les couleurs, n'est pas « daltonien » (individu souffrant de daltonisme) à proprement parler, mais souffre d'un trouble complètement différent. Le chimiste britannique John Dalton publie sa première étude scientifique sur ce sujet en 1798 intitulé « Faits extraordinaires à propos de la vision des couleurs » , après avoir découvert son propre trouble des couleurs. Suite aux études faites par Dalton, la condition est désormais nommée daltonisme, bien que ce terme ne soit actuellement utilisé pour nommer qu'un symptôme nommé deutéranopie.
Au XXIe siècle, le daltonisme est dépisté très tôt chez les jeunes Français, à l'école, lors des visites médicales obligatoires. Il est détecté grâce aux tests d'Ishihara qui consistent en une série d'images représentant des groupes de gros points colorés. Un nombre est inclus dans l'image, dessiné sous la forme d'une série de points d'une couleur légèrement différente du reste de l'image. Ce nombre peut être vu avec une perception complète des couleurs, mais pas lorsqu'un individu possède une déficience de celle­ci. Chaque nombre teste une déficience chromatique précise et l'ensemble de ces tests permet de déterminer le type de la déficience chromatique. Ces tests de détection peuvent également être réalisés en utilisant la lanterne de Beyne.

TYPES DE DYSCHROMATOPSIE

  • Achromatopsie : absence totale de vision des couleurs, associée dans sa forme congénitale à une forte photophobie, une acuité visuelle réduite (<2/10), et un nystagmus. Les cônes ne fonctionnent pas, et la vision provient essentiellement des bâtonnets. Il est estimé que la fréquence de l'achromatopsie en occident est de 1/33000. Noter qu'il existe aussi une forme cérébrale, due à une perte de vision des couleurs consécutive à une lésion cérébrale.
  • Deutéranopie : absence dans la rétine des cônes de réception au vert ; les personnes affectées sont incapables de différencier le rouge du vert. C'est la forme dont était atteint John Dalton (le diagnostic de deutéranopie chez celui­ci fut confirmé en 1995, plus de 150 ans après sa mort, par analyse de l'ADN prélevé sur un de ses globes oculaires préservé jusqu'à nous). Les autres formes de déficience des couleurs ne sont des daltonismes que par abus de langage.
  • Deutéranomalie : présence d'une mutation du pigment de la perception du vert ; la sensibilité à cette couleur est diminuée. Constitue la majorité (environ la moitié) des anomalies congénitales de la vision des couleurs.
  • Protanopie : absence des récepteurs rétinaux au rouge ; cette couleur est indétectable par le sujet.
  • Protanomalie : présence d'une mutation du pigment de la vision du rouge ; la sensibilité à cette couleur est diminuée.
  • Tritanopie : absence des récepteurs rétinaux au bleu ; cette couleur est indétectable par le sujet.
  • Tritanomalie : présence d'une mutation du pigment de la vision du bleu ; la sensibilité à cette couleur est diminuée.

ÉPIDEMIOLOGIE ET GENETIQUE

En Bref :

Le daltonisme est héréditaire.

Donc ce sont les gènes qui déterminent si une personne est daltonienne ou non :

  • Vos deux parents sont daltoniens: 
    • Vous êtes vous aussi daltonien.
  • Vos deux parents ne sont pas daltoniens:
    • Vous n’êtes pas daltonien.
  • Votre père est daltonien:
    • Vous êtes un homme: vous n’êtes pas daltonien.
    • Vous êtes une femme: vous êtes dans ce cas porteuse du gène.
  • Votre mère est daltonienne:
    • Vous êtes un homme: vous êtes daltonien.
    • Vous êtes une femme: vous êtes porteuse du gène.
  • Votre mère est porteuse du gène et votre père n’est pas daltonien:
    • Vous êtes un homme: vous avez 50% de risque d’être daltonien.
    • Vous êtes une femme: vous avez 50% de risque d’être porteuse.
  • Votre mère est porteuse du gène et votre père est daltonien:
    • Vous êtes un homme: vous avez 50% de risque d’être daltonien.
    • Vous êtes une femme: vous avez 50% de risque d’être daltonienne.

La dyschromatopsie rouge­-vert (deutéranopie) atteint principalement le sexe masculin, les gènes commandant les récepteurs à ces couleurs se situant sur le chromosome X, que les hommes possèdent en un seul exemplaire (XY) et les femmes en deux (XX). L'allèle impliquant le daltonisme étant récessif, les femmes ne seront daltoniennes que si leurs deux chromosomes X sont déficients, tandis que les hommes seront atteints dès lors que leur seul chromosome X l'est. La femme peut donc être porteuse de l'allèle recessif du daltonisme et le transmettre à ses enfants, sans pour autant être atteinte de ce trouble . 

Les femmes sont donc plus prédisposées à posséder 3 types de cônes, ce qui permet une vision complète en trichromie.
Génotype Résultat Détail
XD|XD Femme avec une vision normale porteuse d'aucun allèle déficient (DD, normal)
XD|Xd Femme avec une vision normale porteuse d'un seul allèle déficient (Dd, normal)
Xd|Xd Femme daltonienne porteuse des deux allèles déficients (dd, daltonienne)
XD|Y Homme avec une vision normale porteur d'aucun allèle déficient (D, normal)
Xd|Y Homme daltonien porteur de l'allèle déficient (d, daltonien)
Le daltonisme rouge­-vert (ou deutéranopie, la forme la plus courante des dyschromatopsies) est transmis d'un homme atteint à travers ses filles (qui sont les porteurs sains) jusqu'à ses petits­ enfants mâles : Un homme daltonien ne peut avoir reçu le gène récessif de son chromosome X que de sa mère, jamais de son père, même si son père est lui aussi daltonien. Les propres fils d'un homme daltonien ne seront le plus souvent pas affectés (pas plus souvent que dans la population générale), étant donné qu'ils reçoivent son chromosome Y et pas son chromosome X déficient. Un père daltonien peut donc avoir des fils eux aussi daltoniens si la mère est daltonienne, ou si elle est porteuse saine et transmet le gène récessif d'un de ses chromosome X et non le gène normal de son autre chromosome X. Une femme daltonienne doit avoir reçu à la fois le gène récessif du chromosome X de son père lui aussi daltonien et le gène récessif du chromosome X de sa mère daltonienne ou porteuse saine. Les propres fils d'une femme daltonienne seront daltoniens, mais pas nécessairement les filles (sauf si leur père est lui aussi daltonien). Une femme porteuse saine peut avoir reçu le gène récessif d'un seul de ses chromosome X soit de son père daltonien, sinon de sa mère avec un père normal. Les propres fils d'une femme porteuse saine ne seront daltoniens qu'une fois sur deux (indépendamment de l'état du père). Mais les filles d'une femme porteuse saine ne seront daltoniennes que si leur père est lui aussi daltonien sinon elles seront normales dans la moitié des cas et porteuses saines dans les autres cas. Dans un couple daltonien, les fils et filles seront tous daltoniens étant donné que les chromosomes X transmis sont tous porteurs du gène récessif mais comme indiqué ci­dessus, les fils et filles daltoniens pourront tous avoir des enfants normaux ou porteurs sains (ce qui se produira dans la grande majorité des cas). Contrairement à une croyance populaire tenace, les daltoniens pour la plupart (deutéranopes) savent parfaitement distinguer la plupart des verts et des rouges et disposent bien d'une vision trichromatique, seulement un peu différente, la confusion n'existant que pour certaines couleurs intermédiaires et mal contrastées (par exemple dans les beiges teintés entre le vert et l'orange ; ce qui peut amener à une détection précoce de la deutéranopie quand un enfant dessine un arbre au surprenant feuillage orange, à condition qu'on lui demande pourquoi les feuilles sont de cette couleur et qu'il ne réponde pas que c'est simplement plus joli pour lui) mais avec souvent aussi une meilleure distinction d'autres couleurs (notamment dans les bleus et surtout dans les gris et "noirs" où ils perçoivent souvent des nuances bleutées, violacées ou brunes que les personnes "normales" ne peuvent pas voir). La déficience deutéranope réside en effet principalement dans un décalage vers l'orange et le rouge du pic de sensibilité du pigment le plus vert (la totale absence, par la non­expression totale du gène récessif, ou la non sensibilité à la lumière visible de ce pigment étant finalement très rare), ce qui n'empêche pour autant pas de distinguer une bonne partie des verts et des rouges. En effet la palette des couleurs observées dans le monde réel est beaucoup plus riche que celle obtenue par la vision trichromatique humaine avec seulement trois pigments principaux (et d'autres animaux comme les insectes et même des vertébrés peuvent observer le monde avec davantage de pigments, pour voir par exemple une gamme d'infrarouges ou d'ultraviolets). De plus, le décalage de sensibilité permet de mieux distinguer d'autres couleurs dans le spectre dit « visible ». Enfin il existe dans l'œil humain également d'autres pigments plus minoritaires (plus ou moins concentrés selon les individus) donnant à chacun une vision personnelle des couleurs. La dyschromatopsie du bleu (tritanopie) est répartie également entre hommes et femmes : le gène codant les informations du récepteur au bleu est situé sur le chromosome 7. Une mutation de ce récepteur entraîne la « tritanomalie ». Les statistiques varient suivant les populations. Parmi la population nord­américaine, approximativement 10 % des hommes souffrent d'une forme ou d'une autre de déficience dans la perception des couleurs. En France, la proportion de daltoniens est d'environ 8 % chez les hommes et 0,45 % chez les femmes. Bien que rare, la dyschromatopsie complète (vision monochrome) est très commune sur l'atoll de Pingelap (Ponape, Micronésie) : près d'un douzième de la population en est affecté. Le daltonisme est également plus fréquemment retrouvé sur les côtes italiennes qu'à l'intérieur des terres. Une hypothèse est qu'il donnerait un avantage aux pêcheurs leur permettant de mieux distinguer les poissons par une plus fine discrimination des tons bleu­gris . Étant donné que le daltonisme n'a pas de conséquence sérieuse en termes de handicap et n'est souvent même pas perçu par les personnes atteintes comme un réel handicap (la plupart l'ignorent sauf si on les oblige à distinguer des couleurs soit volontairement choisies pour les tromper, soit mal choisies pour qu'elles soient difficilement distinguables, par exemple dans les tests de détection), et du fait qu'elles peuvent aussi distinguer des couleurs que les personnes dites normales ne peuvent pas voir, il est souvent inapproprié de parler de déficit ou d'anormalité chez les daltoniens qui acceptent mal ces termes inappropriés à ce qu'ils vivent réellement, d'autant plus que le daltonisme est finalement assez courant et n'entraîne pas de conséquences prouvées au plan de la santé, de l'espérance de vie ou de la fertilité, pour eux comme pour leurs enfants. Enfin même pour des personnes dites normales possédant les trois pigments ayant leur pic de sensibilité aux longueurs d'ondes les plus courantes, il existe aussi une variabilité de la vision des couleurs liée à des différences de taux relatif de concentration de ces pigments dans les cellules sensibles de la rétine, et dans la distribution relative de ces cellules sur la surface de la rétine par exemple pour la vision centrale et la vision périphérique. Des accidents ou maladies oculaires (pas seulement sur l'iris mais aussi dans la cornée) peuvent aussi modifier la vision des couleurs par les autres pigments parasites (par exemple les pigments des cellules sanguines, ou les pigments résiduels dans la lymphe) qui viennent filtrer ou modifier la lumière transmise.

TRAITEMENT

Il n'existe pas encore de traitement de cette anomalie. L'injection d'un vecteur contenant le gène non ­déficient dans la rétine de singes atteints a permis la correction de leur daltonisme. Il est néanmoins possible d'utiliser des verres colorés ou certaines applications pour améliorer la vision des couleurs. Il existe aussi depuis 2004 en Europe et depuis 2009, en France, un système de correction optique des daltonismes de type "rouge­-vert". Ce système permet de mettre en évidence le type de daltonisme, le degré, et de déterminer la meilleure compensation optique, grâce à la boite d'essai de verres spéciaux et au livre de tests Atlas explorateur. Depuis 2012, cette compensation de la perception des couleurs, existe en lentilles de contact spéciales, avec filtre centré sur l'iris

MÉTIERS INTERDITS

LES METIERS INTERDITS SONT :

Métiers des transports
Armée : pilotes, conducteurs et mécaniciens Aviation civile : pilotes et mécaniciens et contrôleurs aériens Marine marchande : marins et officiers Chemin de fer : conducteurs et mécaniciens Transports en communs : autobus, métro …


Métiers de la sécurité publique
Policiers, gendarmes, douaniers, pompiers.


Autres professions
Électriciens et électroniciens, pharmaciens, métiers du textile et de l’imprimerie, de la peinture et de la photographie, métiers de la lumière théâtre, cinéma et télévision ainsi que les métiers du tri dans l’alimentation